On va tous mourir et autres saynètes désopilantes.

Si vous pensiez être quittes de toutes ces sornettes

Si à vous on ne la fait pas

Si vous aviez l’impression d’avoir fait le plus dur
de tenir le bon bout

Si vous croyez encore que
pierre qui roule n’amasse pas mousse
que tel père tel fils et
qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras

Si vous envisagiez une petite sortie au théâtre
pour vous en payer une bonne tranche
après une dure journée

Si vous espériez enfin vous en sortir
à si bon compte…

Vous risquez d’être surpris.

TGV Magazine décembre-janvier 2008


Coups de Théâtre
La luxure. Une pointe de Monty Python, quatorze saynètes très drôles, six acteurs : c'est la recette pour passer une bonne soirée pendant les fêtes. Un spectacle culotté, à mourir de rire.

RIRE OU MOURIR, IL FAUT CHOISIR - Rue du Theatre - Critique Julien WAGNER

RIRE OU MOURIR, IL FAUT CHOISIR Il paraît qu'on va tous mourir et que ça n'arrive pas qu'aux autres. Une rumeur qui a tendance à se vérifier autour de soi. Alors, puisque c'est inéluctable, quoi de mieux que fêter ça au théâtre, en compagnie de joyeux lurons prêts à transgresser tous les tabous ?

Ca commence par une chanson grivoise débitée par une chanteuse impassible qui va subir un mauvais quart d'heure et ça finit par un enterrement pour le moins inoubliable. Du berceau au caveau, comme dans « Le Sens de la vie » des Monty Python dont certaines saynètes semblent s'inspirer, les six protagonistes, trois garçons, trois filles, promettent un moment hors du temps et bourré d'un humour corrosif. De prime abord, on peut craindre le côté succession de sketches avec pour seul fil conducteur cette idée de la mort qui plane. En général, ce genre de spectacle ne tient pas la route, s'essouffle, s'étire, surtout quand il dure près de deux heures et qu'il commence fort. Car les premières scènes sont tout simplement irrésistibles... Notamment grâce à une mémorable parodie des émissions télévisées enfantines à base de ventriloque et de marionnette chargée de répandre le bonheur. Sauf que... Monsieur Pipo, la marionnette en question, est plutôt polissonne et bourrée de mauvaises intentions. A coups de répliques bien senties, elle dézingue les enfants handicapés, les personnes âgées, les ratons-laveurs et... la ventriloque qui finira étranglée par son Pipo devenu incontrôlable et qu'on retrouvera lors d'une autre séquence hilarante.

La mort leur va si bien...

Bien sûr, les sketches ne sont pas tous de la même volée. Mais les baisses de régime sont si peu nombreuses et durent si peu longtemps, qu'elles sont à peine perceptibles. Et le spectacle de continuer à travers des danses ridicules et hystériques, Franck Sinatra, un polar des années 50, une petite fille adepte du Burkina Faso et dont la mère est transformée en donneuse d'organes par un chirurgien cynique... Tout y passe et trépasse. Jusqu'au clou du spectacle, bourré de dynamite : Guignol, Gnafron et le gendarme enquêtent sur une impératrice chinoise qui a dérobé les bottes velues de Dick Rivière. Ainsi annoncé, cela peut sembler banal. Mais il faudrait rajouter que Guignol est violent et membre du Ku Klux Klan, que Gnafron est alcoolique et le gendarme, complètement stupide. Et que ça se termine en charpie pour le moins foutraque... Outre des textes ciselés, une mise en scène au couteau (dans tous les sens du terme), c'est la cohésion des comédiens qui emporte l'adhésion. Aucun ne tire la couverture à soi (même s'il est à souligner la performance vocale et physique de Nicolas de Canteloube alias Mister Pipo et Rosabelle Forzy alias Gnafron, entre autres), on sent le groupe soudé, qu'il s'amuse et s'investit de toutes ses tripes. Et heureusement que l'on ne meurt pas de rire durant cet ovni théâtral : on n'aurait hélas pas l'occasion d'y retourner.

Julien WAGNER (Paris)
http://www.ruedutheatre.info/article-26160640.html

Coup de coeur de 20 minutes du 8 décembre 2008


"Attention, ce spectacle est déjà culte pour tous ceux qui
ont eu la chance de le découvrir dans sa toute première
mouture au Théâtre des Enfants Terribles. Toujours
aussi drôle, il a l’impertinence d’être également intelligent,
incorrect, subtil. Une gageure dans un monde
où trop souvent le rire se contente d’être gras. Olivier
Benaddi, le maître des opérations, prouve qu’il a du
talent à revendre. Son spectacle tranche dans les abcès
de la vie. Il mérite d’être increvable."

12-16 €. 21 h les lundis et mardis du 8 dec au 20 janvier au Théâtre de Nesle, 8, rue
de Nesle, 6e. M° Odéon, Pont-Neuf. 01 46 34 61 04 ou sur www.billetreduc.com

Critique du 19 décembre 2008 : Les Trois Coups

La mort vous va si bien


Pierre Desproges disait : « On doit rire de tout : de la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? ». Voilà qui pourrait servir d’exergue au spectacle imaginé par Olivier Benaddi et ses acolytes. Prenant le contre-pied des comédies à la mode si souvent insignifiantes, ces jeunes comédiens ont conçu un spectacle qui crée la surprise.


On va tous mourir entame une deuxième carrière. D’abord programmé aux Enfants terribles dans le vingtième, le spectacle est désormais à l’affiche au Théâtre de Nesle, un écrin niché entre la rue Dauphine et la rue Mazarine. La « grande » salle du lieu est une cave voûtée du xviie siècle – un endroit tellement « rive gauche » qu’on n’arrive pas à y croire. Elle servira pour quelques semaines de cadre à cette création originale.


Sur scène, trois jeunes gens et trois jeunes filles pour une pièce à sketchs sur le thème de la mort. Hôpital, pompes funèbres, le décor est planté : les lieux où la mort rôde. Le principe même de l’humour noir est d’évoquer avec distance et amusement les choses les plus horribles. Ici, on y va franchement, sans épargner l’enfance (une petite fille qui vient de perdre sa mère dans un accident de voiture et qui demande sans cesse : « Elle est où, maman ? » à un chirurgien qui perd les pédales) ou le handicap.



C’est certes macabre mais jamais sinistre. Ce qui frappe d’abord, c’est le contraste entre la noirceur du propos et l’énergie juvénile des comédiens. Même si certains sont encore un peu inexpérimentés, ils font passer leur message avec conviction. Le spectacle, tout en mouvement, laisse une large place à la chanson et à des ébauches de chorégraphies, qui peut-être (concession à l’air du temps ?) enjolivent un peu trop le propos.


Pourquoi se délecte-t-on de ces horreurs ? se demande-t-on à certains moments. Mystérieux échange du plaisir humoristique. Cela tient aussi au talent du metteur en scène, qui a su introduire au bon moment une touche de poésie. Certaines parodies sont très réussies, comme celle de l’émission de radio nocturne « Au bord du gouffre » qui « aide les gens à faire le premier pas ». Ou celle du spectacle de marionnettes, qui fait passer un vent de folie aussi politiquement incorrect qu’irrésistible.


On pense bien sûr à lAnthologie de lhumour noir d’André Breton, qui a d’ailleurs été mise en scène à Paris au début de l’année par Marc Goldberg (voir les Trois Coups, 14 mars 2008). La littérature en moins, pourra-t-on regretter, mais l’énergie en plus. Le pape du surréalisme pensait que l’humour noir pouvait seul jouer le rôle de soupape au malheur des temps. Le sien, de malheur, c’était la guerre de 1914, puis la Seconde, pendant laquelle il publia son anthologie, aussitôt censurée. Notre malheur à nous est-il moindre ? Sans doute. Mais il est bien réel, et la pièce s’en fait le reflet. Le final, figurant la mort du spectacle lui-même, est assez brillant et laisse espérer une renaissance en forme de suite : un spectacle bis, plus noir encore ?


Fabrice Chêne

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com

Critique du 28 Décembre 2008 CultureCie.com

La critique [festive] d'Adélie Gintrand…

Si vous êtes fatigués de cette période de joie aux parfums de guimauve, si vous avez envie de rompre quelques instants avec l’allégresse de cette société « aspartam », vous pouvez aller faire un tour du côté de la compagnie « Tu n’étais pas mon Premier Choix » : le cynisme y est chéri et l’humour noir célébré.
En deux mots ? Et bien « on va tous mourir » donc « merry christmas & happy new year » ! What else ?

Exit le politiquement correct. Les six personnages se nourrissent de la saveur, si tendre, de la cruauté humaine. Au programme la peinture burlesque de la bêtise, le portrait de l’absurde de nos contemporains et… éventuellement de nous. D'excellents lutins espiègles, tous auteurs et comédiens, se font trouble-fêtes de l’ambiance « Petite Maison dans la prairie » - de laquelle nous devrions nous contenter ?

Avec pour tout fil rouge cette présence fantomatique de la mort, la talentueuse équipée propose un spectacle audacieux, précis, esthétique et drôle, très drôle.
Saynètes cohérentes et séquences efficaces se succèdent, bluffant le public avec une originalité tordante. Aperçu: un théâtre de Guignol férocement drôle et excessivement acide; une émission de radio à l'humour "vintage" (de Desproges aux Nuls en passant par Bedos); une marionnette déjantée nommée Pipo, sortie d'un manège enchanté où la poudre de perlimpinpin ferait le bonheur de nombreux grands enfants, et où les « smarties » auraient été coupés à diverses substances illicites… le tout parsemé d’inspecteur Harry et de n’importe-quoi hilarant (« je suis pris comme une mince crevette dans un beignet »).
Bref, ça foisonne, ça étonne, ça déconne ! Un cocktail explosif à découvrir avant le 20 janvier 2009.

http://culturecie.com

On va tous mourir renaît de ses cendres au Théâtre de Nesle

Bonjour à tous.

Le glas a retenti une dernière fois ce samedi 11 octobre sur le XXe arrondissement de Paris, annonçant au monde le décès d’On va tous mourir (et autres saynètes désopilantes).

Alors que les sanglots des plus déchirés d’entre nous résonnent encore, creusant de leurs larmes acides d’autres tombeaux qui nous accueilleraient à notre tour si nous n’y prenions garde, nous voulions remercier du fond du cœur tous ceux qui, amis et anonymes, nous ont apporté leur soutien lors de ces six semaines aux Enfants Terribles, théâtre-hôpital-cimetière-caveau au sentier boueux et cahoteux, n’hésitant pas à braver le froid, la pluie et la pâleur de la nuit pour déposer jour après jour une gerbe de rire sur ce cadavre facétieux, renaissant et succombant chaque soirée, la dernière fut véritablement fatale, dans un concert de rires mêlés de pleurs. Merci infiniment, donc, et merci aussi d’avoir, par vos dons, participé à lui offrir de dignes funérailles.

Cependant, l’heure des lamentations ne durant parfois que le temps d’un sanglot, nous tenons à vous faire part de la naissance prochaine de son petit frère, On va tous mourir (et autres saynètes désopilantes), la gestation se déroulant en ce moment sous les yeux attendris et remplis de fierté de ses parents. Les plus attentifs d’entre vous auront remarqué la similitude des deux noms. En effet, homonyme en même temps que faux jumeau, ce petit dernier sera pourvu de toutes les qualités de son aîné mais il nous réservera, soyons-en certains, quelques petites surprises de bon aloi pas piquées des vers (ces derniers auront d’ailleurs sans doute déjà commencé à boulotter son défunt grand frère).

A moins d’une fausse couche provoquée par l’abus d’alcool ou d’un avortement inopiné à base d’aiguille à tricoter, le baptême aura lieu le 8 décembre 2008 dans la cave voûtée du Théâtre de Nesle, le tout niché au cœur du délicieux VIe arrondissement de Paris, où d’aucuns prétendent que l’on peut encore distinguer la trompette de Boris Vian émergeant des volutes fumantes du cigare de Sartre…

Vous êtes donc tous conviés, amis et anonymes, à venir fêter le divin enfant tous les lundis et mardis à 21h du 8 décembre 2008 au 20 janvier 2009, dans la joie et l’amitié, dans le rire et l’allégresse, au charmant Théâtre de Nesle. N’hésitez pas à faire circuler la bonne nouvelle dans votre entourage, ainsi qu’auprès de gens que vous ne connaissez pas encore et d’autres dont vous ne soupçonnerez jamais l’existence. En résumé, venez nombreux. Ça lui fera plaisir.

Merci (d’avance) pour lui,

La compagnie Tu n’Etais pas mon Premier Choix.

On parle de nous



20 minutes du 3 Septembre 2008 :