On va tous mourir et autres saynètes désopilantes.

Si vous pensiez être quittes de toutes ces sornettes

Si à vous on ne la fait pas

Si vous aviez l’impression d’avoir fait le plus dur
de tenir le bon bout

Si vous croyez encore que
pierre qui roule n’amasse pas mousse
que tel père tel fils et
qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras

Si vous envisagiez une petite sortie au théâtre
pour vous en payer une bonne tranche
après une dure journée

Si vous espériez enfin vous en sortir
à si bon compte…

Vous risquez d’être surpris.

On va tous mourir renaît de ses cendres au Théâtre de Nesle

Bonjour à tous.

Le glas a retenti une dernière fois ce samedi 11 octobre sur le XXe arrondissement de Paris, annonçant au monde le décès d’On va tous mourir (et autres saynètes désopilantes).

Alors que les sanglots des plus déchirés d’entre nous résonnent encore, creusant de leurs larmes acides d’autres tombeaux qui nous accueilleraient à notre tour si nous n’y prenions garde, nous voulions remercier du fond du cœur tous ceux qui, amis et anonymes, nous ont apporté leur soutien lors de ces six semaines aux Enfants Terribles, théâtre-hôpital-cimetière-caveau au sentier boueux et cahoteux, n’hésitant pas à braver le froid, la pluie et la pâleur de la nuit pour déposer jour après jour une gerbe de rire sur ce cadavre facétieux, renaissant et succombant chaque soirée, la dernière fut véritablement fatale, dans un concert de rires mêlés de pleurs. Merci infiniment, donc, et merci aussi d’avoir, par vos dons, participé à lui offrir de dignes funérailles.

Cependant, l’heure des lamentations ne durant parfois que le temps d’un sanglot, nous tenons à vous faire part de la naissance prochaine de son petit frère, On va tous mourir (et autres saynètes désopilantes), la gestation se déroulant en ce moment sous les yeux attendris et remplis de fierté de ses parents. Les plus attentifs d’entre vous auront remarqué la similitude des deux noms. En effet, homonyme en même temps que faux jumeau, ce petit dernier sera pourvu de toutes les qualités de son aîné mais il nous réservera, soyons-en certains, quelques petites surprises de bon aloi pas piquées des vers (ces derniers auront d’ailleurs sans doute déjà commencé à boulotter son défunt grand frère).

A moins d’une fausse couche provoquée par l’abus d’alcool ou d’un avortement inopiné à base d’aiguille à tricoter, le baptême aura lieu le 8 décembre 2008 dans la cave voûtée du Théâtre de Nesle, le tout niché au cœur du délicieux VIe arrondissement de Paris, où d’aucuns prétendent que l’on peut encore distinguer la trompette de Boris Vian émergeant des volutes fumantes du cigare de Sartre…

Vous êtes donc tous conviés, amis et anonymes, à venir fêter le divin enfant tous les lundis et mardis à 21h du 8 décembre 2008 au 20 janvier 2009, dans la joie et l’amitié, dans le rire et l’allégresse, au charmant Théâtre de Nesle. N’hésitez pas à faire circuler la bonne nouvelle dans votre entourage, ainsi qu’auprès de gens que vous ne connaissez pas encore et d’autres dont vous ne soupçonnerez jamais l’existence. En résumé, venez nombreux. Ça lui fera plaisir.

Merci (d’avance) pour lui,

La compagnie Tu n’Etais pas mon Premier Choix.

On parle de nous



20 minutes du 3 Septembre 2008 :

Bande-annonce

video

Contacts Presse

Pour toute information complémentaire, n'hésitez pas à nous contacter :
tunetaispasmonpremierchoix@hotmail.fr


L' affiche



Où l'on entre enfin dans le vif du sujet.

Bonjour à tous.
Si certains privilégiés (amis d'enfance, parents proches, psychanalystes de membres de la troupe) en savent un peu plus sur le contenu réel de ce spectacle-événement qui s'annonce déjà comme un grand vent frais s'apprêtant à souffler sur le paysage désertique et moribond du théâtre français, d'autres, moins chanceux, se demandent avec une curiosité grandissante frisant parfois l'obsession et menaçant leur santé mentale ce que peut bien receler cette ambitieuse envolée théâtrale mieux connue sous le titre énigmatique mais ô combien savoureux de On va tous mourir (et autres saynètes désopilantes).
A ceux-là nous ne pouvons malheureusement pas dire grand-chose, le secret professionnel nous interdisant la divulgation du moindre élément pouvant déflorer la jeune vierge effarouchée que représente pour le moment cette création.
Néanmoins, le hasard heureux nous a fait retrouver un document rare que nous pensions perdu à jamais, et qui pourra sans doute éclairer la lanterne de ceux d'entre vous qui avancent dans une nuit profonde illuminée par un réverbère ne servant qu'à mettre en relief un brouillard épais et persistant.
Voici donc ce document, prenant la forme d'une interview, livré dans sa version intégrale, en espérant que celui-ci pourra, un temps, tempérer l'appétit des plus gourmands.


Note d’intention*


Tout d'abord, pourquoi ce titre, On va tous mourir ?

Parce qu’on va tous mourir. Vous, moi, tout le monde. On va tous mourir.


Parlez-nous de ce spectacle, qu’y trouvera-t-on ?
Une certaine folie, je crois. Dans la forme, c’est une succession de séquences, de saynètes, même si ce n’est pas simplement ça mais je ne peux pas tout dévoiler non plus, laissons planer un peu de mystère, voulez-vous ? Sur le fond, je peux en revanche vous dire tout ce qu’on n’y trouvera pas : aucune parodie, ni d’émissions de télé, ni d’autre chose ; pas non plus de billet d’humeur sur la dernière conquête féminine du président de la République, ou d’état des lieux sur la misère sentimentale des trentenaires célibataires à Paris. Il me semble en revanche que nous développons, et j'avance ceci avec une incroyable arrogance et une prétention décomplexée, un univers qui nous est vraiment propre, fait d’humour noir, absurde, burlesque, d’un humour qui peut aussi bien s’appuyer sur le texte que sur le visuel, mais surtout, et j’insiste là-dessus, d’un humour qui fait rire.


Vous interdisez-vous certains thèmes, vous imposez-vous des limites à ne pas franchir ?
Surtout pas, nous ne nous interdisons rien. Je crois vraiment qu’il faut s’empresser de rire de tout, en particulier dans une époque qui cherche à polir le langage, à l’aplanir. Abordons tous les thèmes, la vieillesse, les handicaps, le racisme, et bien sûr la mort, omniprésente dans ce spectacle. Rire de ces sujets, c’est évidemment les exorciser, leur enfiler une tenue de carnaval pour mieux les démasquer. Les deux seuls critères qui retiennent notre attention sont l’efficacité, la cohérence par rapport à notre univers, et l’originalité. Ce qui fait trois. Est-ce drôle ? Est-ce que cela nous ressemble ? Est-ce qu’on ne l’a pas déjà vu cent fois ?


Pouvez-vous nous exposer votre conception du théâtre, et du rire au théâtre en particulier ?
Pff… Ce que je pense, c’est que le théâtre ne doit pas être cathartique, comme on l’entend parfois, il ne doit pas servir à se dédouaner de ses émotions, mais au contraire le spectateur doit ressortir de la salle rechargé, requinqué et armé pour affronter la bêtise et le caractère implacable et répétitif de la vie. L’acte théâtral, et l’humour précisément, devrait être le détonateur d’une réaction en chaîne qui entraînerait à son tour ce spectateur à développer ce que l’on pourrait appeler un rire de contre-attaque, un rire lucide, salvateur, celui qui sème des fleurs dans les trous de nez de la Camarde, pour paraphraser Brassens. Le rire nous venge de la bêtise et de la médiocrité du monde. « Voyez comme le bourreau a l’air sot avec sa hache quand le condamné se fend la gueule sur le billot », a écrit Eric Chevillard, un auteur qui s’y connaît, en humour vengeur. Le théâtre doit ouvrir des brèches dans le quotidien, dans la vie "normale". Au théâtre, on peut créer un univers pour ensuite le manipuler à sa guise, voire le détruire et en recréer un autre, comme un enfant enfermé dans sa chambre avec ses jouets, c’est un terrain de jeu infini.


Avez-vous des influences marquées, des modèles, dans le domaine de l’humour ?
Je pourrais bien sûr vous citer en vrac quelques noms glorieux comme les Monty Pythons, Pierre Desproges, Guy Bedos ou Roland Dubillard, mais j’ose espérer que ce que nous proposons n’est pas qu’une simple hybridation laborieuse de l’œuvre de ces prestigieux prédécesseurs, et de tant d’autres d’ailleurs. Je préfère penser qu’au-delà de l’influence qu’auraient ces artistes sur nous, si nous aimons leur travail c’est que nous nous retrouvons dans leurs œuvres, nous nous y reconnaissons, y rencontrant des frères d’armes, un cousinage, et peut-être aussi une légitimité quant à notre propre démarche. Et puis ce qu’ils ont accompli n’est plus à faire, il ne nous reste donc plus qu’à tracer notre propre sillon dans le champ déjà maintes fois labouré de l’humour et de la fantaisie théâtrale…


Merci beaucoup.
C’est moi.


* Entretien réalisé par le metteur en scène seul chez lui face à un miroir.